Le chataignier

 

est un arbre majestueux, puissant et à grand développement, pouvant atteindre 30 mètres de hauteur.

Le châtaignier est présent, à l’état naturel, en Ardèche, depuis toujours.

 

Le développement de sa culture remonte environ au 13ème siècle, avec l'apparition de la technique du greffage. L'âge d'or se situe aux alentours de 1860 avec une production de 40 000 tonnes de châtaignes.

 

Dans les campagnes, la châtaigne remplaçait souvent les céréales : on appelait d'ailleurs le châtaignier "l'arbre à pain». Utilisé en farine, fraiche, confiture ou sèche.(cousinat)

Le cousinât est l’une des plus vieilles recettes de l’Ardèche. C’est la soupe de châtaigne sèche qui était préparée dans toute la zone castanéicole de la région.

 

Recette :Ingrédients (Pour 10 personnes) :

 

1 kg de châtaignes séchées (châtaignons)

 

2 oignons piqués de 6 clous de girofle

 

6 feuilles de laurier

 

4 cuillères à soupe de farine de châtaignes

 

1 cuillère à soupe de farine de blé

 

1 grosse poignée de pruneaux dénoyautés

 

50 cl de lait entier

 

sel et poivre

 

Trempez les châtaignons 24 heures dans de l’eau claire. Pelez-les et placez-les dans une grande casserole. Ajoutez 4 litres d’eau. Salez, ajoutez les oignons pelés et piqués de clous de girofle. Portez à frémissement.

 

Laissez cuire 2h30 sans que l’eau ne vienne à ébullition, en couvrant. Ajoutez les pruneaux et laissez cuire encore 15 minutes.

 

Diluez les deux farines avec 10cl de lait et incorporez le tout à la soupe en remuant délicatement. Rectifiez l’assaisonnement.

 

Donnez un bouillon et servez. Accompagnez d’un petit pot de lait que chacun peut ajouter à sa guise.

 

 

Protégée par une AOC, la châtaigne d’Ardèche, provient de 65 variétés (dont 19 représentent 95 % du volume), sélectionnées pour leur valeur gustative. Les plus fameuses sont la comballe, la merle et la bouche de clos dans les Boutières, ainsi que la bouche rouge, l’aguyane, la sardonne, la pourette et la précoce des vans dans les Cévennes. Leur maturité s’échelonne de début septembre à début novembre

 

Les cévenols s’auto suffisent en alimentation, grâce aux châtaignes et n’ont pas connu la famine. La très forte croissance de la population cévenole au XVIème siècle a entraîné une extension sans précédant de la culture du châtaignier. C’est à cette période qu’à été construite la plus grande partie des murettes occupant les pentes et retenant la terre. S’ouvrait ainsi une nouvelle civilisation totalement dépendante

 

Plusieurs fois par jour, on consommait des châtaignes et on les utilisait pour engraisser les porcs. La feuille servait de fourrage pour les chèvres et les moutons. Son bois servait aussi : du meuble au plancher, de la menuiserie à la charpente, de la ruche à la conduite d’eau… car il est imputrescible et la vermine n’ose l’attaquer. Pour assurer une bonne conservation de la récolte permettant de la consommer tout au long de l’année, les châtaignes étaient déshydratées dans un séchoir (cléde).

 

Clède (construction en pierre et toit de lauzes pour le séchage des châtaignes dans les Cévennes. Sur deux niveau, le premier servant à faire du feu pour la chaleur et le second pour stocker les châtaignes sur 50cm environ, une fois sec on en fait de la farine) Un petit coin tranquille ou il ferait bon vivre !!! Vient de l'occitan "cleda", la claie, désignant le plancher à claire-voie recevant la récolte de châtaignes fraîches à sécher au-dessus d'un feu sans flamme entretenu au rez-de-chaussée du bâtiment.

 

Ce feu permettait la déshydratation des "blanchettes" qui ensuite pouvaient être dépiquées et débarrassées de leurs deux peaux pour être conservées longtemps et utilisées pour la soupe de châtaignes

 

A la fin du XIXème siècle, avec l'exode rural et l'apparition de graves maladies« de l’encre » et L’apparition du chancre de l’écorce vers 1960 dans les exploitations, commence le lent déclin des châtaigneraies. Aujourd'hui, la consommation de châtaignes fraîches est surtout ponctuelle et saisonnière : elle est passée du statut d'aliment "basique" à celui d'aliment "coup de cœur".

 

 

 

 

Le châtaignier

 

J’entends les vieux planchers qui craquent

J’entends du bruit dans la baraque

J’entends j’entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier 

 

Bien à l’abri dans ma soupente

Moi j’entends chanter la charpente

J’entends les poutres qui se plaignent

Ce n’est pas du bois vermoulu

De ne plus donner de châtaignes

En supportant mon toit pointu

 

J’entends les vieux planchers qui craquent

J’entends du bruit dans la baraque

J’entends j’entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Quand on devient poutre-maîtresse

C’est tout le toit qui vous oppresse

Il faut chanter tout doucement

La chanson de ses origines

Celle qu’il me chante en sourdine

En y mettant du sentiment

 

J’entends les vieux planchers qui craquent

J’entends du bruit dans la baraque

J’entends j’entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C’est surprenant mais c’est logique

Il chante la chanson magique

Qu’il a apprise au fond des bois

Il me chante une chanson tendre

Que je suis le seul à comprendre

Quand la nuit vient à petits pas

 

J’entends les vieux planchers qui craquent

J’entends du bruit dans la baraque

J’entends j’entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C’est vrai pourtant qu’il nous protège

Contre le froid contre la neige

Tout en berçant mes insomnies

Ce n’est pas une chanson triste

Mon châtaignier est un artiste

Qui continue d’aimer la vie

 

J’entends les vieux planchers qui craquent

J’entends du bruit dans la baraque

J’entends j’entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Jean Ferrat (paroles de Guy Thomas)

 

 

 

 

Mais voila encore une fois le Cynips du châtaignier

 

 

 

Responsable:

 

C'est la larve de Dryocosmus kuriphilus Yasumatsu, un petit Hyménoptère de la famille des cynipidés qui est responsable des dégâts. Sous l'effet des toxines qu'elles secrètent il se forme une galle à la place de la pousse normale

 

Dégâts apparents:

 

Au printemps au moment du débourrement, les bourgeons, au lieu de donner naissance à une pousse, se mettent à gonfler pour former une galle. Généralement tous les bourgeons d'un rameau sont concernés ce qui fait mourir le rameau. Dans le cas de fortes attaques cela va jusqu'à la mort de l'arbre en été.

 

Un ravageur grave pour le châtaignier : Dryocosmus kuriphilus ou cynips du châtaignier a été détecté en 2002 en Italie dans la région de Cuneo (Piémont) limitrophe à la France.

 

Cet insecte est originaire de Chine. A été introduit au Japon en 1941, puis en Corée en 1963 et aux Etats-Unis en 1974. Son introduction en Europe daterait de l’année 2000 environ.

 

 

 

 

Larves de cynips

Les galles sur chaque nouveau rameaux

Cette galle n'est hélas pas que sur les rameaux

Le principal symptôme observable est la formation de galles au printemps au niveau des jeunes rameaux. Ces derniers, au lieu de porter des feuilles et des fruits, ne donnent qu’une pousse très courte avec quelques feuilles déformées par des galles. Ceci entraîne donc une baisse de la production de l’arbre pouvant atteindre 50 à 70% voire sa mort dans le pire des cas.

 

Il n’existe pas d’alternative chimique pour lutter contre ce ravageur.

 

Le seul moyen de lutte efficace est de brûler rapidement les plants contaminés après l’observation de symptômes et l’identification du ravageur

 

Les plants infectés ne peuvent être repérés qu’à partir des mois d’avril-mai, au moment où les galles se forment. Dès que l’identification aura été confirmée par la SRPV, la destruction doit alors se faire rapidement, avant la dispersion des insectes adultes.

David LOUPIAC, producteur et responsable professionnel, intervient sur la
marche du CYNIPS. Ce parasite est présent actuellement sur soixante
communes ardéchoises. Son avancée est très rapide. Depuis 2010, son seul
prédateur, le Taurimus, est mis en place progressivement. Une synergie active
entre les différentes autorités concernées soutient les lâchers du Taurimus sur les
zones contaminées par le CYNIPS. David évoque également la création d’un

syndicat national de producteurs de châtaignes, par conséquent ne bruler plus les branches malade car on court le risque du tuer le Taurimus prédateur du Cynips

 

Si le Taurimus (espèce de petit insecte volant bleu/ vert) est présent, il pond dans les gales et peut détruire jusqu'à 200 œufs de cynips. Il peut lui aussi pondre jusqu'à 200 œufs. Ces œufs resteront dans la gale jusqu'au mois de mars suivant.

 

Les galles sont donc susceptibles de contenir des larves de cynips, et des larves de Taurimus.

Il faut donc éviter de déplacer ou de détruire les galles pour ces deux raisons :

Si elles contiennent des cynips, il faut éviter d'en propager partout,

Si elles contiennent des Taurimus, il faut surtout les laisser se développer pour qu'ils puissent éradiquer les cynips.

 

Il y a eu un lâcher de Taurimus à champ d'Eynes. Jean François va récolter des galles pour élever des Taurimus et en lâcher ailleurs.

 

Certaines variétés ne sont pas très sensibles au cynips, la bouche de Bétizac et la Belle épine.

La Marsolle et la petite Pourrette sont très touchées.